INSTITUT   LEININGER   
Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté (KRIYA)
YOGAthérapie - Thérapie holistique
Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A.
Khaj div

- Un bon mental, une bonne philosophie de vie, un corps souple et fort pour mieux vivre sa vie -

                     
     Méditation et Vie
                       

Voir aussi :
       - Cours réguliers de méditation              - La méditation : savoir se concentrer d'abord ...
             - Les mécanismes du mental  
       - Le débrayage du mental                       - La méditation : fuite ou construction ? ...                      - Méditation : fondements et pratique  
       - Méditation et action                                    ... et aussi l'article : - Sculpture et mental 
      

Après avoir envisagé le premier élément de cette méditation qui est l’émerveillement d’être en vie, voici la deuxième partie qui n’en est que le prolongement : il permet la prise de conscience de ce grand mystère qu’est la vie.
                                               Illustr. :  Figurine des ruines de Mohenjo-Daro, -3000 av JC, vallée de l’Indus

Cette étape peut être abordée quelles que soient les convictions des uns et des autres puisqu’elle s’appuie sur la suite des générations qui est un fait lié au phénomène de la vie elle-même.
Voici le texte de la méditation de Chidambaram :
2/ Si vos parents ne s'étaient pas rencontrés, vous ne seriez pas là. Pensez à la suite des générations qui nous ont précédés.
Nous sommes des survivants : la chaîne de la Vie n'a jamais été interrompue depuis sa naissance sur notre planète et s'est transmise jusqu'à nous à travers toute l'évolution, depuis des millions d'années.
Voyez vos parents, vos grands-parents, éventuellement vos arrières grands-parents et remerciez-les de vous avoir transmis cet héritage inestimable.

La chaîne de la Vie
Si cette étape peut être abordée par tous, il n’en reste pas moins vrai qu’elle est parfois délicate à aborder pour plusieurs raisons.

                L’entente …

La première tient au fait que dans certains cas, la paix ne règne pas toujours entre les générations, pour des raisons diverses. Or, il importe pour venir sereinement à cette seconde étape de cette méditation, que la paix soit là lorsqu’on pense à ceux qui nous ont transmis la vie.
A titre d’exemple, cette méditation m’a toujours été présentée comme inoffensive lorsqu’on me l’a enseignée. Or, et peut-être certains de mes plus anciens lecteurs s’en souviendront-ils, en 1979 ou 1980, alors que je la faisais pratiquer en séance matinale, une des participantes se leva d’un bond et disparut sans que j’aie pu comprendre ce qui se passait ni aie eu le temps de l’intercepter.

Considérations pédagogiques
Je sus quelques jours plus tard qu’il lui avait fallu quelques heures pour se remettre : ses rapports très conflictuels avec les générations précédentes avaient motivé ce départ en trombe.
D’où la nécessité, lorsqu’on anime une séance de méditation de toujours, à l’avance, décrire dans les grandes lignes, les étapes par lesquelles elle va passer afin de ne générer aucune surprise désagréable chez les pratiquants. Nous ne devons jamais oublier que, contrairement à ce qui m’avait été annoncé à l’époque, une séance de méditation ou de concentration n’est pas sans effet.

            ÿ + … générer la paix, non la foudre …

Lorsqu’ils sont positifs, et c’est le plus souvent le cas, tout va bien. Lorsque cela est mal accepté, c’est plus ennuyeux. Les effets sont dus à ce que lors de la phase de concentration mentale, nous devenons extrêmement réceptifs à tous messages venant de l’extérieur. Nos ‘défenses’ sont abaissées et nous prenons ‘de plein fouet’, si j’ose dire, le message de l’objet de la méditation. S’il est positivement reçu, c’est parfait et même idéal. Dans le cas contraire, cela peut aller loin …
Donc, prudence, et il est impératif de toujours connaître à l’avance le sujet de la pratique méditative, comme indiqué ci-dessus.
Un autre sujet de discorde en partie lié à la question des suites des générations, est parfois dû au fait que certaines personnes disent qu’elles n’ont pas demandé à venir en ce monde : d’où le reproche conservé à l’encontre de la vie en général et de leurs géniteurs en particulier.
Enfin, autre raison pouvant gêner certains pratiquants, celle liée aux convictions personnelles.

Des idées et des hommes
Le Yoga reste totalement ouvert à toutes les idées, sauf bien sûr, celles allant à l’encontre de celles de bienveillance (nous y reviendrons à propos de la gentillesse). Ces valeurs qui lui sont propres en constituent à la fois le fondement et aussi ce qu’il convient de nommer la culture du Yoga sans laquelle cette discipline reste une simple gymnastique hygiénique.

Simple culture physique ?
Dans son esprit de non-violence (ahimsa, de –a- privatif et –himsa- tuer) le Yoga traditionnel refuse tout extrémisme et, de plus, cultive l’idéal d’autonomie de l’être en même temps que sa libération de sa condition humaine.
D’autre part, la philosophie générale du Tantra prône la prise de conscience de ce qui est comme c’est, sans voile et sans aucun artifice ni tentative de masquer quoi que ce soit. La conscience de tout ce qui est et de tout ce qui nous fait en est le fondement.
La prise de conscience associée à cette partie de la méditation du Swami de Chidambaram est en relation directe avec la thèse reconnue de l’évolutionnisme dont il importe de dire quelques mots pour expliquer le sens de cette prise de conscience.

Notre tradition
La Bible enseigne que la Création s’est faite en 7 jours et que l’humanité entière est née des deux premiers humains : Adam et Eve. C’est la Genèse, dans le Pentateuque de l’Ancien Testament, qui décrit la Création.

                           € Tout seul !? …

Au cinquième jour fut décidé :
‘… Qu’une multitude d’êtres vivants grouillent dans les eaux, et que des oiseaux volent …’ (Genèse I, 20).
Au sixième jour furent créés ‘… des êtres vivants de toute espèce …’ sur la terre (Genèse I, 24-25).
Enfin (Genèse I, 26-31), fut créé le premier homme :
‘Dieu créa l’homme à son image ; à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa …’ (Genèse I, 28).

Parité ?
Une question subsiste : l’épisode de la création de la compagne du premier homme vient en II, 21-22 :

                              
 Ah ! Quand même !

                ‘… il lui prit une côte, à la place de laquelle il referma la chair.
                De cette côte qu’il avait enlevée à l’homme, le Seigneur Dieu fit une femme
                qu’il amena près de l’homme …’
.

L’image de Genèse I, 28 est reprise un peu plus loin dans Genèse V, 1, sous cette même forme et non sous celle de II, 21-22 ci-dessus décrivant l’épisode de la fameuse côte d’Adam.
Quelles sont donc la signification et/ou la destinée de la première femme évoquée en I, 28 (… homme et femme il les créa …) ?
Ou bien cela a peut-être un autre sens …
Les questions subsistent … D’autant que de nombreux symboles sont peut-être pris pour des réalités (comme en I, 28 ci-dessus).
Or un érudit religieux, l’archevêque Ussher tenta un jour de calculer l’âge de l’humanité en reprenant le texte de la Genèse à partir du chapitre IV, qui décrit la généalogie de l’humanité depuis Adam. Après de savants calculs, il réussit à situer la naissance de l’homme à quelques milliers d’années avant notre ère.
Avec grande précision,
selon ses calculs, le monde avait été créé exactement le 23 Octobre 4004 avant J.C. à 21h

Retour à Darwin
Actuellement, de par le monde, il semble que s’opposent deux courants de pensée sur l’origine de l’humanité : les créationnistes qui estiment que les idées ci-dessus sont à prendre sérieusement, non pas comme des symboles mais comme des événements réels, et les évolutionnistes qui s’appuient non sur des textes mais sur des découvertes scientifiques concrètes, reconnues et mises en relation, faisant remonter l’humanité à 2 ou 3 millions d’années, et la vie sur notre planète à … 3 ou 4 milliards d’années.
Or, dans le cas qui nous occupe, le choix de l’un ou l’autre des deux points de vue change beaucoup de choses.
En effet, par rapport aux générations immédiatement précédentes : parents, grands parents, arrière grands parents, arrière arrière-grands-parents, ce qui n’est déjà pas si mal cette idée peut se concevoir. En effet, cela nous fait faire un grand saut et signifie simplement que nos grands-parents pourraient raconter le récit de la Révolution française tel qu’ils l’ont reçu de leurs propres grands parents qui l’ont entendu de la bouche de leurs grands parents qui ont pu en être les témoins.

                                 
   Une certaine parenté … (dessin d’origine inconnue)

Or cela ne fait qu’un peu plus de 200 ans …
200 ans, c’est énorme, et peu à la fois : c’est un peu moins de 10% de la durée notre ère avec ses 2000 ans d’âge.
L’histoire de la Révolution rapportée à l’histoire humaine vue par les créationnistes nous situe finalement très près du commencement tel que déterminé par les calculs de
l’archevêque Ussher.
Si, par contre, on se place du point de vue plus juste de la vision évolutionniste, puisque scientifiquement prouvé par les vestiges du passé et par les formes de vie présentes sur la planète depuis des temps très éloignés comme nous le verrons le 3 Avril lors de l’exposé d’anatomie comparée au Muséum, c’est une véritable sensation de vertige qui peut nous saisir lorsqu’on réalise que la même histoire de la Révolution se situe autour de 0,000008 % du temps écoulé depuis le commencement …
Nous sommes loin des 10% précédents.

La transmission de la vie
La reproduction sexuée est une étape de la vie qui remonte très loin dans le temps et la rencontre nécessaire de deux êtres génitalement complémentaires est à l’origine de la naissance de chaque être vivant évolué et permet un brassage chromosomique utile et bien plus adapté que la parthénogenèse ou la division cellulaire.
C’est bien là cette rencontre qu’il faut évoquer dans la méditation en question : non pas celle des deux personnes qui sont nos parents, mais celle de deux êtres possédant deux potentiels génétiques différents qui nous ont faits tels que nous sommes.
Cette prise de conscience ne les exclut pas en tant que personnes, mais situe notre venue dans le courant de la vie en tant que porteurs et transmetteurs de cette vie.
Car la question fondamentale est là : ce moment de la méditation n’est pas là que pour évoquer les personnes, mais la place occupée par elles en tant que symboles dans le cadeau magnifique qu’elles nous ont fait en nous permettant de venir en ce monde.
Ce qui fait la beauté de ce cadeau réside dans le fait évoqué dans le texte, que la vie existe sur la planète depuis environ 3.000.000.000 d’années : cette vie a évolué et pris des voies différentes selon les lieux où elle s’est développée, selon les conditions qu’elle a rencontrées, selon les facilités ou oppositions senties.

                                … ça commence comme ça …  (Khajuraho, coll pers) - cliché présent sur la revue

Or, aucun corps mort, aucune cellule morte ne peut transmettre la vie : seuls des organismes vivants peuvent le faire, ce qui signifie que la vie qui est en nous est vieille de 3.000.000.000 d’années. Cela indique aussi que cette vie qui est en permanence en état de s’adapter aux conditions rencontrées, s’est enrichie au cours de toutes ces périodes jusqu’à nous. Chacun de nous est donc la résultante de cette vie si vieille et si riche d’expérience.
C’est aussi ce qui fait notre proximité à tous : nous sommes tous cousins et donc frères du fait que cette vie est la même en chacun de nous.

                           ü A peine faite, la vie apparaît …

Ceux qui nous ont transmis la vie sont nos parents qui l’ont reçue de leurs parents, donc nos grands-parents, qui l’ont eux-mêmes reçue de leurs parents, donc nos arrières grands parents que nous n’avons peut-être pas connus, ce qui nous montre à quel point la vie de chaque génération est vraiment peu de chose par rapport à l’histoire de la vie et de ses 3 milliards d’années.
Mais en même temps elle est énorme puisque la richesse de chaque vie manifestée est immense. Si, selon le proverbe africain, un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle c’est la même chose pour chaque être vivant quel que soit son âge.
Ce qui caractérise la pérennité de la vie se situe au niveau pelvien, que l’on nomme dans le Tantra le pôle espèce et la richesse de chacun s’appuie sur ce pôle espèce et exalte le pôle individu situé au plan de la tête.
Cette seconde étape de la méditation de Chidambaram est fondamentale pour que chacun de nous puisse se situer à sa juste place, infime et immense à la fois, dans le courant de la Vie.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
… à suivre …

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