INSTITUT LEININGER - Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A.Khaj div

- Un bon mental, une bonne philosophie de vie, un corps souple et fort pour mieux vivre sa vie -

                                     
     YOGA quotidien (6)
  
              

Ce texte est une réflexion menée dans ma revue de Yoga, dans une série d'articles dont le titre était : "Papy s'entraine tous les jours". Cette partie est parue dans le numéro 120 de Drish. Dans Drish 117-118, nous avons commencé à voir diverses raisons qui font souvent penser qu’une pratique de Yoga hebdomadaire suffit à faire du bien à ceux qui s’y mettent.
On notera au passage que ces raisons n’ont pas de rapport réel à la raison juste. Adopter cette vision de la discipline traditionnelle orientale que nous connaissons, ne résiste pas longtemps à la masse d’arguments menant à l’évidence de la nécessité d’une séance quotidienne et régulière.  Harmonie Corps-mental
                              

Voir aussi :
       - Yoga quotidien (7)
                           - La tradition du Yoga                                  - Yoga quotidien : définir ses objectifs                           - Yoga quotidien : objectifs, effets ...  
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Si le ou les buts motivant une pratique journalière sont variés et nombreux, il importait avant tout, de passer en revue l’ensemble des effets du Yoga, en plus de celui lié à la mise en train de l’inertie liée à la matérialité du corps.

Préjugé vs expérience
Notre séance de Yoga est pour nous Occidentaux, c’est vrai, avant tout, un ensemble d’exercices physiques dans lesquels le corps est tout entier en action. Cependant, l’expérience démontre qu’une fréquentation assidue et hebdomadaire d’un cours de Yoga, apporte de nombreux bénéfices, dont certains particulièrement marquants (Cf Drish 117-118, pages 65 et suivantes).
Notre organisme ne connaît ni jour férié, ni repos, ni temps d’arrêt, mis à part, bien sûr, ces moments de tranquillité qu’il s’accorde qu’on le veuille ou non, comme lorsque le sommeil vient alors qu’on préférerait rester en état d’éveil. Il est bien entendu que nous devons à notre corps et à notre psychisme, infatigables travailleurs du maintien de la vie saine, des moments de ralentissement, de retour à un état de fonctionnement plus léger.
Mais cela n’apporte pas les bienfaits d’une bonne séance de Yoga, même de courte durée.

Durée et gestion de la fatigue
Deux éléments sont à considérer, non des moindres, dès que l’on pense à la pratique personnelle.
J’évoquerai en premier la durée : elle est la composante particulière de l’apport en intensité. Son action se fait sentir de plusieurs façons : 1/ dans le maintien de la technique pratiquée, 2/ dans la durée de la séance elle-même, 3/ dans la manière souhaitable d’inscrire la pratique du Yoga et de ses dimensions tout au long de sa propre existence, 4/ dans la périodicité et la régularité des séances.

On me posait la question récemment sur le temps de pratique personnel : ma réponse fit sourire lorsque du sérieux des 10 à 15 minutes quotidiennes, j’ai précisé que ce temps pouvait s’évaluer à … deux minutes lorsque, comme tout un chacun, il peut m’arriver d’être ‘juste’ à l’heure pour me rendre à mes rendez-vous professionnels. Deux minutes, c’est toujours mieux que rien, diront les optimistes dont je suis, mais rien ne vaut le quart d’heure matinal ou plus si possible, surtout s’il se double d’une séance en fin de journée, certes différente, mais idéale pour clôturer une journée débutée par un travail corporel bien pensé.
Il est à noter que le temps d’enseignement du Yoga ne fait jamais partie, pour l’enseignant digne de ce nom, de sa pratique personnelle, puisqu’il est alors en situation pédagogique et non en train d’effectuer sa séance personnelle, même dans le cas où les pratiques sont montrées.
Revenons quelques instants sur les bienfaits du travail du Yoga
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Effets sur le corps et le mental
Les effets de la pratique du Yoga sur le mental sont un atout fondamental dans l’existence entière. Le travail corporel en est le support. Comme disait André Van Lysebeth il y a longtemps, le Yoga physique est du Yoga mental qui prend le corps pour objet.
Corps et mental étant liés, le contrôle neuromusculaire effectué lors de chaque mouvement de la séance affine notre perception de notre être dans son intégralité et renforce le lien corps-mental tout en permettant d’accéder au geste juste, celui qui se fait sans excès d’engagement d’énergie, avec contrôle, celui qui s’inscrit dans la durée et ne consomme que très peu d’énergie nerveuse. Dans la tradition indienne, nos mains et nos pieds sont des organes d’action qu’il convient de maîtriser.
Cette Tradition orientale permet de bien bouger, de bien respirer et de se détendre. Elle apporte des bénéfices physiques et physiologiques, respiratoires et mentaux et agit en profondeur sur les grandes fonctions de l'individu tout en ayant des effets concrets par rapport à la vie moderne. Ainsi, les maux de dos, le stress, les insomnies, les problèmes digestifs, les mauvaises positions, le manque de souplesse trouvent des réponses concrètes dans le travail sur la statique corporelle, le bon maintien, la symétrie et l’équilibre que le Yoga propose, sans oublier la mobilisation articulaire, l’entretien progressif de la souplesse et du tonus musculaire. La respiration, le retour veineux, la digestion, le sommeil connaissent de nettes améliorations. Calme et vitalité deviennent des composantes de l’être que le pratiquant avait, parfois, oubliés. L’action tonique, les flexions et extensions, le travail respiratoire et mental sont d’autant plus efficaces et durables qu’ils sont réguliers et assidus.

Des conséquences imprévues
Le seul défaut que je connaisse au Yoga (en réalité c’est une qualité, mais pas toujours en Occident) est sa simplicité. Souvent, ceux qui s’informent se laissent décourager par cette simplicité, ne croyant pas que par une série de techniques physiques en apparence, on puisse avoir un réel impact sur la force intérieure, le bien-être, la relaxation, la santé. On ne croit pas que cela puisse venir de soi, tant on est habitué à des solutions extérieures qui sont autant de dépendances et de limitations à l’autonomie et la liberté individuelles.
Ainsi, croire que le simple Yoga peut atténuer voire faire disparaître les maux de dos, réduire les insomnies, augmenter la capacité respiratoire, améliorer la résistance au stress et la fonction digestive, donner une meilleure estime de soi et une plus grande confiance en soi et en ses moyens, demande un effort particulier à celui, incrédule, qui entend cette liste de bienfaits comme autant de slogans publicitaires, alors qu’ils n’en sont pas et qu’en plus, d’autres nombreux effets surviennent qui n’étaient ni prévus ni prévisibles.  
J’ai vu ou les bénéficiaires m’ont fait part de comportements qui avaient changé, ces modifications n’étant, selon les personnes, dues qu’à la pratique du Yoga. J’ai vu des corps changer, des êtres revivre en reprenant possession de leur corps qui leur échappait inexorablement au fil des jours, des mois, des années … J’ai vu des thorax s’ouvrir, des dos se redresser, des muscles se dénouer, des respirations s’amplifier, des bassins s’épanouir. J’ai vu des êtres se redresser, s’affirmer dans leur quotidien et décider de prendre leur vie en main. J’ai senti des poignées de main s’affermir, des corps s’ouvrir, des côtes se libérer, des peurs se défaire. J’ai vu des pratiquants retrouver le sourire, reprendre goût à la vie alors qu’ils semblaient s’éteindre chaque jour un peu plus. J’en ai entendus me dire qu’ils n’étaient plus agressifs ou d’autres encore qu’après une première séance ils avaient pu gérer une situation à la fois difficile et délicate au cours de laquelle ils avaient su mettre en pratique ce qu’en moins d’une heure ils avaient acquis. J’ai vu des jeunes gens renfermés, sans estime de soi ni assurance, décider de partir à l’étranger pour y asseoir leur vie professionnelle et aussi des impossibilités articulaires ou musculaires se défaire et leurs victimes retrouver l’usage normal de leur corps pour un mouvement simple rendu impossible jusque-là.
J’ai vu, j’ai senti, j’ai entendu, j’ai observé parfois ce que les adeptes eux-mêmes n’avaient pas remarqué et qui était en train de devenir visible ou en tout cas perceptible. Certes, ma formation pluridisciplinaire et mon expérience font que le regard que je porte sur les êtres est global et qu’il s’ouvre à toutes les perceptions que je puis ressentir.

Tous les jours ?!
La seule pratique hebdomadaire apporte de nombreux bénéfices, mais comme je l’ai déjà dit, il importe de s’y mettre un peu chaque jour pour de plus grands bienfaits, d’autant que le Yoga au quotidien dont il est question dans cette très vieille tradition, n’est pas que physique, contrairement à ce que les médias présentent de façon trop récurrente.
Nous vieillissons chaque jour depuis … notre conception. Dès que nos premières cellules se sont assemblées pour faire ce que nous sommes devenus, la mort était déjà présente et elle a servi la vie puisque la vie ne peut être sans la mort. Ce fut le grand thème de la session de Septembre à Sérignan.
Il importe de considérer en quelques mots que notre corps dans sa fonction Tamas (inertie, lourdeur, ténèbres) va vers la mort. Rajas, l’action, est là pour aller à l’encontre de cette tendance qui se retrouve sur tous les plans de l’être : physique, mental, psychologique, spirituel … Nous tendons vers Sattva, la perfection en usant de ces deux énergies : celle de l’inertie et celle de l’action, cette dernière devant faire se mouvoir la matière.

       Sattva … perfection
      
Rajas … mouvement, lumière
      
Tamas
… inertie, obscurité
                Les 3 Guna-s …

Vie et mort quotidiennes
Chaque seconde, nos cellules se régénèrent : les nouvelles remplacent les anciennes qui ont servi, de même que dans le courant de la Vie, chacun de nous sera remplacé, relayé le jour où il quittera ce monde.
Mais il faut remarquer que Tamas est une énergie : cela veut dire qu’il n’y a pas seulement un état de vie et un état de mort, mais un changement de l’un vers l’autre. Si on n’y veille pas, si on n’agit pas, le corps vieillit plus rapidement, s’use précocement. Il importe de l’entretenir : faire travailler ses poumons, son cœur, ses muscles, ses articulations, son cerveau, tout cela a des effets mesurables. Il est dommage que, trop souvent, ce ne soit dit que lors du départ en préretraite, alors que ce moment devrait se préparer à 30 ans au moins, et même à l'enfance par l'apprentissage d'une bonne utilisation du corps … 
Ces principes sont présents partout : en nous et autour de nous. Observez le monde : vie et mort se côtoient en permanence et les tendances de densification, d’expansion et d’équilibre harmonieux sont partout. Notre univers nous le montre en permanence. Notre corps lui-même, connaît cette succession incessante de phénomènes de vie et de mort : toutes les fonctions rencontrent à chaque instant, ce processus en apparence duel.

5 éléments
Prenez soin de votre corps … dit un dicton dont j'ignore l'origine, … il doit vous durer toute votre vie ! Cette pensée, aussi surprenante et humoristique qu’elle paraisse, donne une idée de la réalité de notre être dans sa matérialité.
Or, cette matérialité est en fait une tendance : celle de l’élément philosophique ‘Terre’ comme désignée dans les 5 éléments : c’est le processus de densification. Donc, pas seulement un état, mais une énergie qui fait tendre vers quelque chose. La densification est ce qui va aller à l’encontre de l’expansion, celle-ci étant liée aux éléments Air et Feu : notez que l’air donne l’énergie et que le feu apporte la chaleur, la lumière et aussi l’énergie d’harmonisation.
Dans la survenue des 5 éléments dans la Manifestation de l'Univers entier, l’élément Terre vient en dernier. Il dérive des autres, plus subtils : Akasha (espace et conscience), Air, Feu, Eau, puis, Terre. C’est ce qu'enseigne la philosophie Samkhya : elle tente d'expliquer la vie humaine et de trouver des solutions de délivrance (Moksha, pour les Hindous, un des buts de l'existence en lien avec Dharma). Cette vision, commune à plusieurs systèmes philosophiques de l’Inde, permet de mieux considérer la composition de l'être et assure une prise de conscience beaucoup plus aiguë, beaucoup plus précise, beaucoup plus complète, ce qui est le but du Tantra.


Revenons au corps
Au plan corporel, cette énergie de densification fait se raccourcir nos muscles, se fragiliser nos tendons, se réduire nos espaces articulaires, se raccourcir notre souffle et notre potentiel cardiaque, réduire nos capacités digestives, circulatoires, se réduire notre vision du monde, tant physiologiquement que mentalement, et par là même nos capacités cérébrales … Notre comportement suit aussi cette logique-là et la subit si on n’y veille pas.
Les découvertes occidentales vieilles d’à peine quelques décennies, confirment les incidences énormes de l’inactivité corporelle : Ehrenfried, Mézières, Bertherat, viennent confirmer cette idée à partir du constat de l’évolution du corps en fonction de la sédentarité.
Ces noms seront revisités plus longuement lors du séminaire B de l’été 2013. Ces trois femmes ont marqué leur époque, la deuxième moitié du XXe siècle, par leurs travaux révolutionnaires permettant de mieux comprendre le fonctionnement corporel tant au niveau de la respiration qu'à celui du maintien de la colonne vertébrale. On peut ajouter aussi Frédérick Mathias Alexander qui fit également, des découvertes fondamentales concernant la statique corporelle.
Dans tous les cas, une constante reste : il nous faut bouger.

Au quotidien
La tendance naturelle à la densification est là à chaque instant, c’est pourquoi nous devons lui résister régulièrement : le faire chaque jour est idéal. Ce sont les forces de la Vie avec une ‘V’ majuscule, qui s’expriment ainsi et le simple fait de les mettre en action génère de l’énergie, contrairement à ce que l’on pourrait penser, car ne pas les utiliser, les amenuise.
                        ( … à suivre … )

Détail des rencontres
Informations par téléphone au 05 61 785 685.

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