INSTITUT LEININGER    
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     Yoga quotidien, objectifs, effets, humeur
                            

Cet article est paru sous le titre : Yoga quotidien (5) ... sous-titre : "Papy s'entraîne tous les jours"

Voir aussi :
       - Le mouvement c'est la vie               - La posture                 - Le Yoga quotidien ... (à ne pas confondre avec cet article)          - Yoga de la vie quotidienne
       - La série d'articles portant ce titre, parus dans Drish     
       .

L’habitude, le manque de temps, les préjugés, font penser, comme bien d’autres raisons encore, qu’une pratique hebdomadaire est suffisante, quel qu’en soit le domaine. Le Yoga n’est pas épargné par ce point de vue flottant dans nos mentalités occidentales. Il importe cependant, d’argumenter dans le sens d’une incitation à une pratique  plus fréquente, plus régulière, disons quotidienne.

Retour aux objectifs

Dans le n°112-113 de Drish (p. 23), les postures du Chat, du Chien et une variante de Ardha Pavana Muktâsana ont été succinctement décrites. J’ai pu aussi évoquer les objectifs pouvant motiver la pratique du Yoga au quotidien. En voici quelques-unes :
 ·
préparation de la journée,
 · entretien articulaire et musculaire,     
 · gain en souplesse et tonus,
 · santé générale ou ciblée,
 · pratique mentale, concentration,
 · récupération ou stimulation de l’énergie,
 · renforcement de points faibles,
 · plaisir de faire travailler son corps,
 · recherche d’être en entier (le mot Yoga signifie joug au sens de joindre, d’unir),
 · union corps-esprit,
 · réalisation de postures difficiles ou peu accessibles,
 · préparation du Yoga sur le long terme, goût pour cette discipline ou pour la discipline en général …
A chaque lecteur de rajouter d’autres raisons de s’y mettre. Le retour sur les motivations amenant au travail du Yoga chaque jour, s’explique du fait que leur origine aura des implications dans la pratique ainsi que les conséquences qu’on peut en attendre.
Il importe à présent de revenir sur chacune.
Cependant, auparavant, je me dois de vous exposer d’une part les effets généraux du Yoga et ensuite les raisons générales de la nécessité du mouvement, en plus de celles évoquées dans la présentation de Papy s’entraîne tous les jours, en citant Groddeck lorsqu’il insistait sur le risque de 'pourrissement' du corps si on n’en usait pas, ou encore en expliquant la constitution de type tamas du corps, son inertie, celle liée à sa matérialité.
Ceci est dit même si la pratique du Yoga ne se borne pas seulement à une série d’exercices et même si le corps fait lui aussi partie de la Création ou de la Manifestation, appelez cela comme vous le souhaitez. La différence entre les deux est, dans le premier cas, une vision liée à notre culture judéo-chrétienne, dans la seconde, quelque chose qui se poursuit et se continue en évoluant en permanence. Je ne rentre pas plus avant dans les notions de Création que l’on retrouve également en Inde et qui ne font pas l’objet de cet article. 
 

Des effets pour tout le monde

Je n’ai jamais compté le nombre de personnes qui ont confié leur corps et leur mental à mes soins et ce dénombrement importe peu. Toujours est-il qu’en 35 ans d’enseignement du Yoga, j’ai reçu beaucoup de monde. Si j’évoque ce détail, c’est parce que le titre de ce paragraphe est inexact : j’ai connu au moins une personne qui m’a déclaré n’avoir ressenti aucun effet après plusieurs mois de pratique. Je crois que c’est la seule fois et cet exemple confirme la règle selon laquelle tout prati

 ardhabaddhapadmapashchiùottanâsana couché
ardha baddha padma paschimottanâsana couché …

C’est une des raisons pour lesquelles je fais en sorte depuis très longtemps, que l’interruption des cours de Yoga soit aussi brève que possible lors des périodes d'été. Corps et mental ne connaissent jamais de jour férié ni de temps d’arrêt … Imaginez un peu : nous serions bien ennuyés si nos organes décidaient un jour de se mettre à l’arrêt complet … S’il est possible de façon assez aisée de prévoir approximativement quelques-uns des effets produits par la pratique du Yoga chez une personne, il en est toute une série dont on ne peut absolument pas prévoir qu’ils se produiront. Je pourrais vous citer de très nombreux cas –et j’en ai sûrement oubliés-, de personnes ayant connu des changements importants pour ne pas dire énormes, uniquement imputables, selon leurs dires, à leur venue aux séances de Yoga collectives ou individuelles. Certains de ces changements ont même été, parfois des bouleversements puisque j’ai vu des destinées changer ou s’accélérer, en tout cas se réaliser, simplement parce que la pratique régulière permettait aux pratiquants de se révéler à eux-mêmes et de trouver ou de retrouver l’accès à leur potentiel, que celui-ci soit physique ou psychique. C’est là le sens du terme de ‘réussite’ dont il est question dans la méditation de Chidambaram dont vous trouvez régulièrement l’étude dans la revue. Toujours est-il que c’est une récompense pour l’enseignant de Yoga qui ne fait que mettre l’adepte sur la voie de sa propre existence, simplement en lui donnant les moyens de le faire.
Les bénéfices, plus ou moins importants, de sa pratique sont d’autant plus forts et établis que la pratique est régulière, assidue.

Quels effets ?
Même si la pratique du Yoga ne se limite pas seulement à effectuer une série de mouvements ou d’exercices respiratoires ou mentaux, de nombreux bénéfices ont été dénombrés, et cela de façon plus nette lorsqu’elle est faite avec régularité et assiduité.
Le bien-être dû en grande partie à la détente nerveuse et l'action anti-stress associé à la relaxation, la décontraction des muscles, à la détente de tout l’être, est un des premiers effets lors des premières séances. Cet état est très lié au respect des rythmes profonds de notre être, celui-là même qui nous permet, justement, au moins le temps d’une séance de Yoga, de retrouver un rythme plus humain et de quitter ne serait-ce qu’un moment, tout ce qui génère en continu, l’agitation physique liée à celle de ce monde, le manque d'attention qui en découle et la dispersion mentale qui en est une conséquence et qui génère, à son tour, de nombreux effets peu enviables.

chandelle lge chu 

Selon une recherche publiée par le magazine américain Science, portant sur un échantillon de 2.250 personnes, il semble que le manque d'attention, le fait d’être distrait et l’éparpillement mental qui en est une composante,  rende triste.
C’est une réalité : de façon systématique et quotidienne, on peut se rendre compte que l’activité mentale ne connaît pas de cesse. Selon le psychologue M Killingsworth, elle est stimulée par une quantité de choses non présentes qui sont pourtant là dans notre champ de pensée alors qu’elles n’y sont, en cet instant précis, d’aucune utilité.
Il apparaît d’après cette étude que près de la moitié du temps est occupée par une distraction mentale, ce qui signifie que près de la moitié de notre vie, nous ne sommes pas pleinement conscients de ce que nous faisons : nous sommes ailleurs, même lorsque nous sommes pourtant occupés à faire quelque chose de précis.
Penser à autre chose n’est pas un problème en soi, en dehors des désagréments qui peuvent en découler : en effet, selon les résultats de cette étude, la principale conséquence de la distraction est son impact sur le moral car selon cette étude :
     "... la capacité à penser à ce qui ne se passe pas est une performance cognitive qui a un coût émotionnel".
C’est la conclusion à laquelle arrivent les psychologues M. Killingsworth et D. Gilbert de l’Université de Harvard (le terme vagabond est parfois remplacé par distrait, selon les traductions) :
     "… un esprit humain est un esprit vagabond, et un esprit vagabond est un esprit malheureux."


La bonne humeur, composante du Yoga
Or, la joie est fondamentale : elle est liée à l’eustress (le bon stress) et doit faire partie de l’existence pour une meilleure qualité de celle-ci : elle est une des composantes du Yoga qui la place en filigrane dans ses fondements au travers de plusieurs appellations sans équivoque. Les termes sympathie, joie, contentement … font partie des textes anciens du Yoga.

Les chercheurs expliquent l'inquiétant et triste résultat évoqué plus haut, de la façon suivante : penser à autre chose que ce sur quoi on doit se concentrer demande une énergie émotionnelle particulièrement importante. Autre observation importante tirée des témoignages des personnes consultées, alors que dans d’autres activités, l'esprit vagabonde, exercice physique et conversation sont celles qui donnent le plus grand sentiment de contentement. L'activité sexuelle est la seule au cours de laquelle elles restent concentrées sur ce qu'elles font.
Enfin, toujours selon cette étude, l'utilisation de l’ordinateur à la maison, le repos et le travail sont des moments qui donnent le moins de satisfaction.
Si le repos n’est pas un moment de régénération, on comprend mieux que le Yoga puisse avoir un effet supérieur. Il est vrai que, trop souvent, le repos est associé à une consommation de loisirs peu reposants ou à la gestion de préoccupations peu tranquillisantes.

Qu’en pense le Yoga ?
Dans le chapitre premier des Yoga Sutra, texte dont l’origine se situe à une période antérieure à notre ère, il est dit que (trad. Jean Papin) :
     "… la souffrance physique, la dépression, le tremblement des membres et la respiration anarchique accompagnent la distraction de l'esprit"
Heureusement, dans ce même écrit, la solution n’est pas oubliée et est clairement dite :
     "… l’exercice répété de la concentration sur un seul point permet d'écarter ces écueils."
Nous voyons là un véritable encouragement à continuer à se concentrer en pratiquant le Yoga : la dispersion mentale ne sera plus qu’un mauvais souvenir, nous pourrons rester concentrés très longtemps sans fatigue, physique ou mentale, et en plus, nous savons maintenant quoi faire pour être sans tristesse.
Si j’ai souligné très ci-dessus, c’est que je puis attester par expérience cette affirmation : dans les années 78-80 il m'est arrivé quelquefois de tenir une posture durant 45 minutes ou plus … Plus récemment, arrivé à l’Institut un matin à 7h pour travailler à la rédaction de Drish, j’en suis reparti à 22h passées. Pas de pause repas sinon un en-cas absorbé en toute tranquillité tout en travaillant. Soit environ 15 heures.

J
Nécessaire
bonne humeur

Ce n’est pas un exemple à suivre, ni au plan diététique ni au plan de l’activité : mon seul but est de préciser au lecteur qu’on peut se concentrer sur une très longue durée sans que ce soit désagréable. En effet, la pratique du Yoga développe le contrôle de soi, élimine la nervosité. La prise de conscience permet de se plonger dans l’instant et d’y rester tandis que la concentration donne le réel pouvoir, en s’affinant et se renforçant, de pouvoir garder le mental focalisé sur ce que l’on décide et pas sur ce que le monde environnant nous présente. C’est un atout extraordinaire, en particulier dans l’exemple évoqué ci-dessus : une fois bien installées, les capacités mentales permettent à chacun de se consacrer entièrement à ce qu’il fait, sans dévier, sans être happé par ce qui l’entoure, sans se laisser tirailler par des éléments extérieurs. Et s’il arrive qu’il soit obligé de s’extraire de ce qu’il est en train de faire, il peut dans l’instant, se replonger dans ce qu’il faisait jusque là, avec la même intensité.
Dans la réalité, notre capacité mentale peut le faire : il suffit de trouver le chemin qui y mène.
Le chemin est long …
… Il suffit de s’armer de patience.                   
                         (… à suivre …)

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