spirale INSTITUT LEININGER - Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A.Khaj div

- Un bon mental, une bonne philosophie de vie, un corps souple et fort pour mieux vivre sa vie -


Drish 95 (Hiver 2007-2008) 20ème année
                "En définitive, pour nous mortels, il n’est qu’une attitude : l’étonnement" Georg Groddeck

Sommaire du n°95 .                                                                                                        Editorial
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Editorial...                                                    ... 3 voir ci-contre      -->
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Fiche technique : redresser le dos    ... 5 à 9  --> voir ci-dessous
Dessine-moi un mouton  ...                  ...10 à 22  --> voir ci-dessous
Vu dans la presse ...                                 ...23
Séminaire d'Hiver : le silence ...         ...24-25  --> voir ci-dessous
Tu m'fais la bise ? ...                                 ...26 à 35  --> voir ci-dessous

Prochains Drish ...                                    ...36 voir les titres parus
Que ce nouveau numéro de DRISH, le dernier de 2007, vous trouve en bonne forme, et que l'année qui s'annonce soit remplie de joies et de bonheur durable. Que le Yoga, par ses aspects tant physiques que philosophiques, que mental, vous apporte le bien-être sur tous les plans de l'existence.
Excellente année à toutes et à tous. A bientôt.

@GillEric Leininger Molinier

Dépôt Légal & ISSN 1er trim. 2008. Tirage : 60 ex.
Prochain DRISH : Hiver 2008. Vos questions, avis et informations dans  : 
www.institutleininger.com
Revue Drish - Darshana chez M. Leininger, 29 Ch de la Nasque, 31770 Colomiers
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Fiche technique : redresser le dos
Ce thème est régulièrement traité de manière concrète lors des stages et journées d'étude.
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Dessine-moi un mouton (5)
Au-delà du conformisme expliqué et démontré dans DRISH 91, et afin de mieux saisir ensuite quelques éléments philosophiques, il importe d'aborder ici un autre aspect du comportement du "mouton", celui lié à l'obéissance.

Définitions
Comment définir cette notion au moins aussi importante dans nos comportements, que celle, déjà vue, de conformisme ? On parle de soumission ou obéissance à l’autorité lorsqu’un individu modifie son comportement afin de se soumettre à l’ordre qui lui vient d’une autorité légitime.
Cette définition implique deux choses  :
1/ la première est que la soumission à l’autorité renvoie à une pression explicite, à un ordre direct de la source d’influence,
2/ la seconde, est qu'il existe une différence de statut entre la source d’influence et le sujet, au sens d’autorité légitime et de relation hiérarchique.

I comme Icare
C'est au chercheur Milgram qu'on doit les travaux sur l'obéissance, et il est probable que vous les connaissiez car certains ont illustré un film avec Yves Montand : "I comme Icare". On y voit un home installé à un pupitre à partir duquel il envoie une décharge électrique à une autre personne assise sur laquelle on a branché des électrodes.

             L'élève   -->  <--   le sujet chargé d'envoyer les décharges électriques depuis son pupitre

L'intensité des décharges envoyées varie en augmentant, puisque à  chaque erreur, le maître donne une décharge de plus en plus forte tandis que des inscriptions sur le pupitre indiquent la dangerosité des décharges et leur caractère mortel ; 30 boutons étiquetés de 15V à 450V, sont accompagnés de commentaires tels que "choc léger", "dangereux", "mortel", le dernier étant indiqué XXX.
Dans et par cette expérience, Milgram cherche à savoir si des individus sont capables d’infliger des douleurs considérables par des chocs électriques allant jusqu’à 450V, à des individus innocents et ceci simplement parce qu’une autorité, un expérimentateur sensé faire une expérience scientifique, le leur demande.

Précisions
Bien évidemment, on s'en doute, il n'y a pas de courant au bout des électrodes et le sujet de l'expérience n'est pas la personne assise qui doit retenir une liste de mots, mais bien celle qu'on installe au pupitre. En effet, c'est volontairement, que "l’élève" fait des erreurs, tandis qu'il est demandé à l'autre d'appuyer sur les boutons commandant l'électrocution. L'élève simule des nuances de douleur : à 75 Volts il gémit, à 120 Volts il crie et dit que ça fait mal, à 150 Volts il veut s’arrêter mais est attaché, à 270 il émet un cri proche de l’agonie, à 300 Volts il gémit et ne donne plus signe de vie, et enfin,  à 350 Volts il perd conscience et s'évanouit.
Dans certains cas, la personne au pupitre refuse de continuer. L’expérimentateur qui se tient à côté la relance à trois fois de façon de plus en plus forte : plus l'hésitation est grande et plus l’ordre est sévère, allant de "SVP, c’est essentiel pour l’expérience!..." à "... vous êtes obligé car vous vous êtes engagés!". Dans plus de 60% des cas, les  sujets sont pleinement soumis jusqu’au bout (450V). Parallèlement, des sujets choisissent eux-mêmes l’intensité et donnent alors des chocs très légers. On peut voir là que la grande majorité des personnes n'a pas tendance à résister aux exigences de l’autorité même quand elle est dans son tort. N’importe quel ordre émanant de cette autorité est suivi ... c'est ce qui permet d'expliquer les suicides collectifs, ou encore l'extermination de toute une population, lors de la deuxième guerre mondiale.

Variantes
Si l'expérience a été tentée de multiples fois avec le même résultat, Milgram l'a refaite en modifiant certains paramètres afin de voir quelles seraient les variations des comportements. Lorsque la victime est dans une autre pièce et ne se manifeste qu'à 315 V, ou lorsqu'elle est reliée par Interphone avec la personne au pupitre, ou lorsque celle-ci peut voir sa victime à quelques mètres seulement ou encore lorsqu'elle lui maintient la main sur la plaque électrique, on peut enregistrer des changements que l'on peut résumer ainsi : plus la proximité est grande et plus le taux d'obéissance diminue.
Il faut tout de même remarquer que même dans le cas du contact physique, il subsiste encore 30% de taux d'obéissance.
D'autres variations ont été reproduites, amenant encore d'autres comportements, mais l'essentiel est l'évidence de l'obéissance à l'autorité.

Pourquoi ?
Milgram a tenté de savoir s'il existait un type de personnalité particulière responsable de cette obéissance : en fait, les différentes personnalités de ceux qui obéissent n'ont pas permis de faire un "portrait-type". Les sujets obéissants aux ordres ne le font pas de gaieté de cœur. Il s'agit donc d'un contexte particulier et pas d'une question de  personnalité ni de trait de caractère.
L’état d’autonomie d'un individu se caractérise par sa liberté de choisir le comportement qui correspond le mieux à ses idées, ce comportement étant dicté par sa propre conscience. Mais il peut arriver, dans une structure hiérarchique, par exemple, que l’individu perde son autonomie, et qu'il se trouve réduit à l’état d’agent. Dans ce cas précis, il en vient à considérer tout naturellement que ses supérieurs hiérarchiques, qui représentent l'autorité, qui sont les "Maîtres", sont responsables de ses actes à lui. Les ordres émanant des chefs vont guider son propre comportement. Face à cette autorité, la personne ne se considère plus que comme l’instrument de la volonté d’autrui, perdant ainsi toute responsabilité dans ses actes : elle n'a plus à juger si ses comportements sont bons ou mauvais puisque c’est l’autorité qui les dicte et qui juge.

Hypothèses
Un chercheur, Lerner, a démontré qu'en même temps que la personne se soumet, elle  subit une situation dans laquelle elle est blâmée. L'autorité pense que le monde est juste et qu'elle a la mission de l'organiser, et aussi que la victime est dans cette situation parce qu'elle la mérite, ce qui ressemblerait à un notion mal comprise de Karma. Ceux qui sont "en-dessous", le sont parce qu'ils le méritent et qu'ils n'ont pas fait ce qu'il fallait pour être mieux placés. Donc, ils méritent leur situation, c'est ainsi que pense ceux qui jouent avec cette autorité, selon ce chercheur ...
Il y a encore d'autres explications à cette soumission à l'autorité : toute notre éducation (parentale, scolaire, sociale ...), nous a amenés à considérer comme une norme sociale cette obéissance à l'ordre. Tous les ordres qui nous ont été donnés, ont été accompagnés de l'idée qu'ils l'étaient dans notre intérêt. L'obéissance est parfois due au fait que le réel objectif n'est pas clairement défini dès le début.
Un autre chercheur, Gilbert, a démontré la véracité de ce que l'on appelle le pied-dans-la-porte. Cela consiste à faire accepter un petit acte, au début : lorsque le sujet accepte, il est pris dans l'engrenage et ne peut plus reculer. C'est paraît-il une technique utilisée par certains commerciaux. Une fois le premier choc électrique donné, il devient difficile de revenir en arrière.
Autre théorie, celle de Kiesler, qui s'est rendu compte que le sujet placé au pupitre perçoit son comportement comme bon, puisqu'il punit des incorrections, et de façon très légère (qu'est-ce que c'est que 15 Volts ?), et que son action est valorisée par l'expérimentateur qui se tient près de lui.

L'impossible refus
La question reste : comment se fait-il que les sujets qui souhaitent arrêter, ne le font pas ? Tout se passe comme si une puissance magique les avait faits passer de l'état d'autonomie que nous connaissons tous, à ce que l'on nomme l'état agentique (ou état d'agent).
On peut trouver au moins deux explications. La première pourrait se trouver dans l'orgueil de la personne : s’arrêter maintenant serait reconnaître que ce qu’on a fait jusque là était mal ...
La seconde est que se retourner contre l'autorité n'est pas à la portée de tous : assumer cette position n'est pas facile du tout. En restant un instrument d'exécution, le sujet est déchargé de toute responsabilité : sa rébellion lui fait endosser à nouveau ses responsabilités. Les chercheurs expliquent :   
«Le soldat tue parce qu’on lui dit de tuer et qu’il estime de son devoir d’obéir aux ordres. Le fait d’infliger des punitions douloureuses à la victime ne vient pas de pulsions destructrices des participants mais de leur intégration dans une structure sociale dont ils sont incapables de se dégager.»

Phénomène gourou
Un vieux principe oriental dit que " Quand l'élève est prêt, le maître paraît ". Mais qu'est-ce qu'un "Maître" ? Est-ce celui qui se dit "Maître", ou bien celui qui est considéré par les autres comme tel ? La tendance de certains "Maîtres" est de vouloir voir une seule tête, tous en même temps, respirer en même temps, enfermant ainsi ses adeptes dans un conformisme dont il leur sera très difficile de se libérer par eux-mêmes.
En Inde, le terme même de "gourou" a un rapport sémantique aux ténèbres et à la lumière : le gourou fait passer des unes à l'autre.
Mais le maître n'impose pas : il guide, il accompagne ...
Donc pas question de se laisser aller au suivisme, au gourouisme. D'autant que cette position de suivre un gourou est confortable pour les deux pôles : le gourou en retire un réel avantage , et celui qu'y se plie à sa volonté, n'a pas d'effort à faire pour décider de sa vie et n'a qu'à s'en remettre aveuglément à l'autre qui décide pour lui. Cette situation de dépendance de l'un par rapport à l'autre explique la solidité du lien.
Nous avons tous eu des maîtres dans notre vie : nos parents, nos enseignants, toutes les personnes qui nous ont encadré, que ce soit en milieu sportif, associatif, professionnel ... Et nous rencontrerons toujours des "Maîtres", car nous sommes tous à la recherche de la vérité. D'ailleurs chacun de nous est un "Maître" : il suffit de voir où est le domaine dans lequel nous excellons, car nous avons tous certaines qualités particulières qui nous permettent d'être particulièrement efficients dans certaines situations. Ce qui signifie que rencontrer un "Maître", n'est pas chose rare, et que cette rencontre ne doit pas nous amener à nous soumettre, puisque nous sommes aussi, quelque part ailleurs, possesseurs de compétences ou de valeurs tout aussi importantes.
S'il est plus facile et confortable d'avoir un maître et de suivre ses enseignements que d'agir, car dans ce cas il devient une idole, cette situation n'est pas souhaitable, surtout lorsqu'elle en vient à vous faire admettre ce qu'il faut faire, exprimer, penser, manger, voter ...
Nous verrons dans le prochain numéro de DRISH, les éléments philosophiques d'Orient et d'Occident pouvant nous servir dans cette quête.
Bonne pratique et bonne réflexion.
      (... à suivre ...)
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Le silence : session d'hiver
Le terme « discipline » est toujours impressionnant : pourtant, le seul fait de se plier à celle de son choix est porteur de nombreux avantages, souvent insoupçonnés.
C’est le cas de la discipline du silence : si nous pouvons nous plaindre du bruit ambiant auquel nous nous habituons trop facilement, générer du silence est porteur de grandes joies.
Le silence verbal favorise l’écoute, des autres et de soi, et contrôler ses gestes afin de faire le moins de bruit possible prodigue la paix intérieure.
En plus du temps de silence complet habituel, nous essaierons de mesurer nos gestes afin qu’ils soient le plus discret possible.
A conseiller à toute personne désirant se recentrer et goûter au pouvoir régénérateur du silence.
Nous établirons le calme propice à l'élévation de l'esprit, ce qui sera facilité par le lieu de notre séjour.
Ouvert à tous.
Organisation du Séminaire : 3 séances
quotidiennes de pratique et de théorie. Un Mémorandum d'une douzaine de pages vous sera remis dès votre arrivée.

   --> voir les sessions futures.

Tu m'fais la bise ? (4)
La question du tutoiement des pratiquants de Yoga, la liberté prise de les embrasser, fait glisser la relation sur un mode affectif et non plus professionnel : nous avons pu voir dans le n° 92-93, quelques études de cas où la question se posait, et où les opinions pouvaient diverger. Continuons sur cette voie.

Question d'âge
Ma fille avait 15 ans, lorsqu'elle me dit un jour sa surprise parce que je vouvoyais une de ses copines que je n'avais vue que quelques fois. En y repensant, sa surprise se justifiait, et non en même temps : oui car je connaissais cette adolescente que j'avais donc déjà rencontrée, et en même temps, non, car la distance entre nous, liée à l'âge, aux différences de sexe, et au fait que la copine en question n'était plus une enfant, m'avait amené à estimer que le "vous" s'imposait naturellement.
Dans deux autres situations liées à deux de mes jeunes clients, alors que je tutoyais Romain, plus jeune, et qui faisait "petit garçon", je vouvoyais Nicolas, plus grand. Une de mes jeunes clientes, fille d'une de mes clientes, me fit me poser la question à tel point que je lui demandai ce qu'elle préférait : le tu ou le vous ?
Marie, pratiquante de Yoga de longue date, avait été confrontée au tutoiement dans un groupe ; elle l'a accepté. Mais ... ne fut-il pas imposé ? "Moi je tutoie tout le monde !..." avait dit l'animatrice au départ.
Elle s'y est mise... malgré elle ? L'acceptation a été forcée par le phénomène de groupe ...
Adrienne Oury, qui fut ma formatrice en Psychopédagogie en 1983, tutoyait quand on la tutoyait, vouvoyait si on la vouvoyait, mais en groupe comme ceux que j'ai connus à Paris, le tutoiement était systématique et non le fruit d'un consensus.

Toujours du concret
Le lecteur trouvera peut-être que mes questions sont bien compliquées et que les choses pourraient être beaucoup plus faciles ...
Ce n'est pas si simple que ça, si je me rappelle de la réaction de cette collègue de travail qui se dit surprise (1995) de ce que j'utilisais le vous lors des sessions de formation que j'animais, avec mes participantes en recherche d'emploi.
Or, deux années plus tard, alors que nous revenions sur ce sujet, elle me dit éviter absolument le "tu" entre ses clients et elle, depuis quelques revers ...
Ceci dit, on notera que le "tu" est parfois systématique dans certains groupes nommés "confréries", où il n'y a pas de distinction entre ceux qui se considèrent comme des "frères" ou des "soeurs" ; ces confréries ou associations initiatiques pratiquent aussi l'accolade : on est frères et soeurs, ce qui est le signe d'un sentiment de fraternité, réel et non feint.
Sur le plan pédagogique qui nous occupe ici, puisqu'il est toujours question de rapport à l'enseignement du Yoga, le consensus reste à mon avis la meilleure des choses, sans imposer quoi que ce soit, surtout lorsqu'on comprend les raisons de ces manières de poser ses relations humaines.

Les écrits ...
Qu'en disent les livres ? Ceux sur le Yoga n'abordent pas la question, et il faut noter le point de vue très évasif sur le sujet quand il est traité par certains ouvrages sur les bonnes manières ou la politesse, dont certains prétendent qu'elle est en voie de disparition. Aurions-nous vraiment perdu le sens du respect d’autrui ?
Le dernier ouvrage sur la question que j'ai eu en mains, disait qu'on pouvait se vouvoyer et aller jusqu'à s'appeler par le prénom, au travail par exemple, ce qui nous éclaire peu.
Mais voilà quelques mots difficiles à entendre : tout échange sur la politesse ou le respect est souvent délicat. En effet, ce que l'on nomme le savoir-vivre, plus qu’un vernis, symbolise la manière dont chacun, selon son âge, sa culture et son éducation, se présente au monde. Lorsqu’ils sont appliqués, nos codes adressent à l’autre le message suivant : je respecte ton territoire pour que tu respectes le mien.

Un vieux problème ...
Selon Dominique Picard, psychosociologue, auteure de Politesse, savoir-vivre et relations sociales (PUF, «Que sais-je ?», 2003) et du Petit Traité des conflits ordinaires (avec Edmond Marc, Seuil, 2006), et professeure à l’université de Villetaneuse, le premier traité des civilités (Le Livre du courtisan de Baldassare Castiglione), qui date du XVIe siècle, commençait déjà par ce constat : Aujourd’hui, la politesse n’existe pas !. C'était il y a plus de 400 ans ...
Qu'en est-il en 2006 ? La politesse n’a pas disparu, mais a évolué à cause du brassage culturel sans précédent et des conditions sociales tout particulièrement âpres que connaissent nos sociétés. Cela génère malentendus, quiproquos et agressivité, dus surtout à la peur et aux préjugés : chacun estime que si l’autre n’obéit pas aux mêmes codes sociaux que lui, alors, il est dans l’erreur.
Le philosophe Michel Lacroix, qui a consacré sa thèse à la politesse, parle d’un fléchissement certain de la politesse depuis trente ans : on prend avec le savoir-vivre, les mêmes libertés qu’avec la grammaire, et de même que la conjugaison en a pris un coup, le respect de l’autre se serait aussi abîmé. Comment s’est opéré ce relâchement progressif ? Voici son avis :
     "Les années 1960, qui ont culminé avec 68, ont érigé en valeurs la transparence, l’authenticité et la vérité dans les relations humaines...
     La politesse telle qu’on l’imposait autrefois a été, de ce fait, assimilée à de l’hypocrisie.
     Elle était complice d’un ordre social et sexuel répressif."


Les années 68
Avec la fin du respect des hiérarchies et de la division des sexes et des classes, c’est tout un ordre qui a volé en éclats. On a pensé alors que la politesse du cœur suffisait, parce que moins hypocrite que les codes conventionnels, tout comme lorsque certaines personnes se voient reprocher l'agressivité alors qu'elles ont simplement l'envie d'être franches.
     "Or, la politesse n’a rien à voir avec l’affectif"
...
poursuit Michel Lacroix. Il semble que la politesse soit le secours lorsqu'on n’aime pas quelqu’un ou qu’on est indifférent, ou encore qu'on n'a pas envie d'entrer en relation amicale. L'idée du moraliste Joseph Joubert semble moins réductrice : il écrivait (Carnets, Gallimard, 1994) que par la politesse, dès le premier abord, les hommes qui n’ont pas encore eu le temps de savoir s’ils ont du mérite commencent par s’en supposer.
Le savoir-vivre a une utilité reconnue par tous ceux qui savent en bénéficier : il sert à être reconnu dans son identité, à savoir que l’on existe pour l’autre et à délimiter son espace propre.
On pourrait dire qu'il est l’huile dans les rouages de la communication.
Les générations précédentes intégraient l’apprentissage de la politesse comme facteur de promotion sociale : les parents voyaient l’avenir de leurs descendants, associé aux codes permettant d’évoluer ; mais les situations ne sont plus les mêmes et les difficultés sociales, le chômage, l’esprit de compétition et l’individualisme ont tout modifié.

Evolution
Michel Lacroix observe qu'à travers les fêtes populaires (immeubles, quartiers, etc.), on exprime son besoin de gentillesse, de convivialité et de respect, dans des relations sans formalisme pesant, sans culpabilité.
L’idéal serait donc de trouver un juste équilibre entre communication et non-intrusion, ce qui nécessite un apprentissage.
Tout apprentissage passe par les éléments psychologiques de la transmission et de la réception du message. Car si certaines conditions extérieures, comme nous venons de le voir, peuvent influer sur le choix du type de relation humaine qu'on compte mettre en place, elles ne sont pas les seuls responsables de ces choix personnels que les uns ou les autres, nous faisons au quotidien : au-delà de certains moments historiques au cours desquels le tutoiement a été rendu obligatoire, il nous faut également prendre en compte la composante psychique dans sa simplicité comme dans sa complexité.
Nous verrons l'apport de l'histoire et quel est l'avis de la psychologie moderne dans ce domaine peu aisé à appréhender, tant il touche à nos sphères personnelles ou intimes, et qu'il peut porter atteinte à nos convictions les plus profondes.
      (à suivre ...)
..

Prochains Drish
Le Yoga est-il dangereux ? : Si certains le prétendent, qu'en est-il exactement ?
Tu m'fais la bise ? :
et si le tutoiement devenait un jour, obligatoire ?..
Dessine-moi un mouton :
quels éléments de réflexion le Yoga, l'Orient et la philosophie, mettent-ils à notre disposition ?
Effets de la méditation : effets mesurés de façon scientifique sur cette pratique classique
La posture sur la tête : à pratiquer ou à éviter ? Raisons techniques, pédagogiques, anatomiques du choix à faire.

Et aussi ... Prends le temps, Légende hindoue, Le Forum, les Pensées, les Flash ...                 
A bientôt.
Lge     

Détail des rencontres
Informations par téléphone au 05 61 785 685.

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