INSTITUT LEININGER - Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A.Khaj div

- Un bon mental, une bonne philosophie de vie, un corps souple et fort pour mieux vivre sa vie -

             
     W H Y ?                     

texte rédigé en Inde en 1989-1990
                    

Ces trois lettres posent la question de l'utilité (ou non-idem) d'un combat que livre celui que l'on voit tomber sur l'affiche guerrière qui les porte.
Il fut un temps où l'on demandait à l'étudiant de se demander pourquoi sa réflexion arrivait à tel moment de sa vie, dans telles circonstances et dans tel cursus. Sans vouloir rétablir un classicisme qui ne semble plus avoir cours, il me semble opportun de préciser ici le pourquoi de ma recherche.

Pourquoi l'Inde ? Pourquoi en 89-90 ? Pourquoi la "démence" ?
Parce que l'Orient, ses techniques, ses modes de pensées et philosophies ...
Parce que c'est d'un Mémoire de psychologie clinique qu'il s'agit ...

Et bien non ! Ou en tout cas pas seulement pour cela. Je m'abstiendrai de toute attitude réductrice et tiens à m'étendre quelque peu sur les raisons profondes de mon choix, ou qui semblent telles. Jésus se retira 40 jours au désert. Cette durée est aussi celle que l'on imposait quand les problèmes sanitaires se posaient : 40 jours, assez longtemps et loin pour ne pas risquer la contagion, mais pas trop non plus pour pouvoir contrôler tout mouvement sur la nef isolée. Ce nombre est chargé d'une symbolique : celle du retrait forcé (pour soi ou pour l'autre) afin de favoriser l'évolution (du bien ou du mal). 

Du jour de mon départ à mon retour, précisément 40 jours se sont écoulés. Hasard ? Pas vraiment, puisque chaque période composant ce temps représentait une occupation bien définie.
Ces 40 jours à cheval sur les derniers de 1989 et les premiers de 1990, loin de ma famille et de mon environnement habituel constituaient un choix de retraite non imposé et pourtant nécessaire, en même temps que l'aboutissement d'une recherche et d'une démarche personnelle entamées en 1980 (du moins de façon active), ou du moins le commencement de cet aboutissement : celui qui doit me mener à mes racines sans lesquelles il ne saurait y avoir de refuge que dans la démence quand on est barré de ses origines et condamné à se taire si ce n'est tuer contre son propre gré, le désir de connaissance, de re-connaissance.
Ces racines, je suis parti les chercher loin d'ici, très loin de tous (alors que la période eût dû justement me rapprocher des miens) et ce, durant 40 jours.
Il me fallait ce temps. Il me fallait cet éloignement. Pour enfin me trouver. Je me devais de me placer dans une situation d'étranger et d'isolement afin de mieux comprendre et savoir en quoi je me sentais étranger tout au fond de moi-même, étranger et singulier tout à la fois.
Et je ne pense pas que mon projet mené à bout, de m'immerger dans le Gange, la Rivière Sacrée, comme pour un deuxième baptême, n'ait été autre chose pour moi qu'une seconde naissance.

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