INSTITUT LEININGER    
        Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté (KRIYA)
                                   
Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A.
                                    
Pour votre bien-être
Khaj div

- Un bon mental, une bonne philosophie de vie, un corps souple et fort pour mieux vivre sa vie -

                          
     La méditation : fuite ou outil de construction ?
                         

A condition de bien nommer les choses et qu’on n’ait pas affaire à une simple concentration ou un simple retour sur soi, il convient de voir en la méditation ce qu’elle est effectivement.
Les sessions de Yoga d’été s"achèvent régulièrement sur une note de travail bien accompli, de nouvelles connaissances acquises, de pratiques testées et approuvées au point d’espérer les pratiquer au quotidien, à commencer par le contrôle du mental ...

Voir aussi :
       - Cours réguliers de méditation         - Yoga et Conscience           - Le débrayage du mental            - Les mécanismes du mental              -
Méditation et action            
       - La méditation : savoir se concentrer d'abord ...
                         - Yoga et liberté                          - Sculpture et mental                            - Stage d'été consacré à la méditation
      - Méditation : Vrai/Faux                    -  L'éveil de la Conscience   - Yoga mental                              - Relaxation longue ou courte ?             - Méditation : fondements et pratique                
       - Contrôler le mental                         - "Yogachittavrittinirodha"                         
                                                                                                                                                                      

 

... Dans l’idéal, bien sûr, compte tenu de cette logique d’une nécessité de travailler régulièrement aux plans respiratoire et mental, en plus du tonus et de la souplesse, thèmes sur lesquels nous revenons de façon régulière et précise lors des séminaires de Yoga.

La mode

Dans leur recherche de thèmes nouveaux permettant de séduire leur lectorat, les médias participent grandement à l’émergence, l’extension et l’extinction des modes.
La méditation n’a pas échappé à cette tendance toute moderne, courant le risque d’une simplification à outrance l’amenant à être dépouillée de son fondement, de sa raison d’être, de ses prérequis indispensables, de ses moyens de pratique exacts et précis.
En Juillet dernier, ce thème nous a occupés toute la première semaine. Méditer exige une structure solide : corporelle et mentale.
En tant que composante de la discipline du Yoga traditionnel, la pratique du silence développe et requiert dans le même temps, la maîtrise.

Corporelle d’abord

Pour méditer, il faut d’abord pouvoir rester assis durant une période plus ou moins longue, dans l’immobilité.

Ceci présente deux nécessités : une statique corporelle correcte et une assise confortable.

Elles sont acquises après un travail de Yoga à la fois doux et puissant dont l’objectif est de tonifier et assouplir le corps, ce qui ne peut se faire que par une action patiente, régulière et assidue. C’est le but des âsana-s que l'on traduit par 'postures'.

Mentale ensuite.

C’est une fois le corps apte à conserver une position stable durant longtemps, que le calme respiratoire peut s’établir, car le confort et le calme corporels agissent directement sur l’activité mentale dans le sens de son apaisement.
Lorsque le souffle est contrôlé, le mental est mieux maîtrisé.
Le Yoga-Sutra I, 31, dit que :
‘… une respiration accélérée accompagne la dispersion mentale’.
Le verset II, 2 du Hatha-Yoga Pradipika va dans le même sens en disant que :

               "Lorsque
le souffle est agité, l'esprit est agité. Lorsque le souffle est immobile, l'esprit est immobile …"

Préparation et objectif

Tout ce qui vient d’être dit s’applique à la méditation en ce sens que ce sont là les conditions de la pratique méditative dont on voit l’exigence qui ne fait qu’obéir à la nécessité d’une préparation inscrite dans la durée.
Reste à voir l’objectif de la méditation.
Si l’on s’en tient à ce que livrent les médias déjà évoqués, la méditation serait une sorte de refuge, le moyen simple et exotique à la fois, d’oublier, ne serait-ce que quelques instants, la réalité quotidienne ne convenant pas, désagréable, voire douloureuse.

Il faut dire que, selon les traductions, le texte du Hatha-Yoga Pradipika (Ch I, 10) présente le Hatha-yoga comme :
           "... un refuge
ou encore comme une cellulepour ceux qui sont affligés par toutes sortes de souffrances."
L’étymologie du mot refuge est intéressante dans ce propos. Ce mot vient du latin refugere qui veut dire ‘fuir en rebroussant chemin, reculer, se réfugier’ …
Il est composé du préfixe re et de fugere qui signifie : fuir, s’enfuir. C’est là que l’idée de refuge prend un sens plus complet.
Quant aux souffrances liées à l’existence humaine, elles sont repérées depuis longtemps par les textes et philosophies antiques : le Yoga, les textes sacrés des Upanishad-s, le bouddhisme, le stoïcisme … mais aussi des penseurs plus modernes comme le philosophe Schopenhauer, ont pris en considération cette dimension de la condition humaine.

Autonomie ou … dépendance

En vérité, la méditation peut servir à ce but pratique et concret mais ne doit pas lui être limitée.
En effet, si l’on se mettait à suivre cette tendance superficielle, la conséquence en serait l’accentuation de l’incapacité
  à gérer le quotidien. La séance méditative deviendrait alors, un moment indispensable, voire vital dont on deviendrait dépendant alors qu’elle reste une voie d’autonomie et ne doit pas devenir exclusivement une solution répondant à un besoin, mais être un lieu de renforcement de tout notre être au même titre que, sur son tapis, on fait travailler son corps et le soumet à sa décision de contrôle.

Au quotidien

A considérer cela, on devine par conséquent, que les effets de la méditation sont dus aussi bien à sa pratique qu’aux étapes qui la précèdent : la préparation du corps, le contrôle du souffle, la maîtrise du mental qui constituent le fondement de nos séances et du travail quotidien.
En effet, il est possible de s’entraîner chaque jour, comme je l’indiquais dans mon souhait du début.
C’est l’enseignement que donne le Yoga-Sutra I, 35 :

           "… La stabilité du mental peut venir aussi de sa relation avec le monde sensible …"
Dans les faits et de façon idéale, la pratique régulière du Yoga dans toutes ses dimensions, permet d’accroître sa lucidité, de mieux résister aux situations difficiles, de mieux les gérer, et enfin, d’agir en ce monde en fonction des valeurs développées par le Yoga traditionnel.
Nous ne pouvons pas ne pas agir
 : nous devons donc faire au mieux, et user des moyens du Yoga, non pour nous retirer, mais pour nous engager. La méditation peut être d’une aide précieuse pour parvenir à accomplir ce que disait le sage Shivananda :
       "Gardez toujours un mental équilibré, cela est très important …
        Gardez l'équilibre du mental dans le plaisir et dans la peine, dans la chaleur comme dans le froid, dans le gain comme dans la perte,
         dans le succès et dans l'échec, dans la louange et dans le blâme, dans le respect et dans le mépris ; telle est la sagesse véritable"

Bonne pratique.

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