INSTITUT LEININGER    
Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté (KRIYA)
Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A.
Pour votre bien-être
Khaj div

- Un bon mental, une bonne philosophie de vie, un corps souple et fort pour mieux vivre sa vie -

                         
     Mon livre sur le Yoga : Introduction

                                   

Voir aussi :
        - Présentation                             - Table des matières                                 - Techniques de Yoga                                      - De quelques rencontres                         
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L'école de Yoga       
                 - Le Prix de l'Académie du Languedoc       - Ma revue de Yoga "Drish"                              - Mon école de Yoga traditonnel
        - Programme des stages et journées d'étude de l'année                               - Les effets du Yoga
                                          
                                                              
  

Introduction (extraits)

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Tous ceux qui connaissent bien le Yoga vous le confirmeront : le Yoga est célèbre, mais il est mal connu. Le regard que nous portons sur cette pratique est incomplet : en vogue depuis quelques décennies, souvent imité, étiqueté, mais insuffisamment considéré dans son intégralité, ressorti, par périodes, des cartons oubliés, par des faiseurs de modes qui n’en connaissent que peu le fond et le revêtent de nouveaux apparats qui en font perdre le sens, horriblement médiatisé à outrance et conjugué à toutes les sauces de sensations et de gadgets, le Yoga a suivi le courant des goûts, des courants et des vogues fluctuantes et incertaines : il n’y peut rien. Très connu du grand public pour qui ce mot évoque détente, postures extraordinaires, méditation, relaxation, passivité, rêverie, secte ou encore manipulation mentale, il est évident qu’il est peu et mal connu, aussi bien dans ses fondements et objectifs, dans ses réponses aux maux de notre monde moderne, dans ses bienfaits et limites.
Cette méconnaissance génère au moins deux risques importants : celui de rester à une superficialité ne permettant pas d’accéder au fond réel du message du Yoga et celui de commettre des erreurs plus ou moins graves. Subséquemment, l’Occidental zélé n’ayant pas mené un vrai travail de fond sur lui-même et sur l’approche du Yoga pensera de façon affermie qu’il faut tuer l’ego, que le mental est responsable de tout, qu’il faut rejeter le désir ou encore que le Karma, dont il sait si spontanément utiliser le mot, signifie qu’il n’y a plus rien à faire. D’autre part, considérer le Yoga seulement comme une pratique par laquelle on se fait du bien et on pallie les méfaits de la vie moderne, du stress et de la sédentarité, revient à traiter les symptômes du malaise et de la misère humains sans s’attaquer à leurs causes comme le décrivait le philosophe Pascal au XVIIème siècle :

     ˝Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisé pour se rendre heureux de n'y point penser˝


Cette attitude expose à une répétition régulière et usante, décevante et décourageante. Or, la Tradition du Yoga, non pessimiste mais réaliste et active, propose de connaître ces causes et à partir de là, d’agir dans le sens de l’élévation de l’être en le libérant des souffrances qu’il génère souvent lui-même, ne serait-ce que par le regard qu’il porte sur les événements et sa croyance en l’inévitabilité des difficultés liées à sa propre condition.
Ainsi va notre monde dans son envie de tout livrer sans souci au risque de dénaturer ce qu’elle donne en cherchant le sensationnel, ce qui est à 100 lieues des préoccupations du Yoga qui au contraire, s’en détache. On parle trop du Yoga et surtout trop mal : peut-être faudrait-il respecter cette formule que l’on trouve dans certains textes classiques (Gheranda Samhita, Hatha-Yoga Pradipika, Shiva Samhita), selon laquelle la pratique doit rester secrète et ne pas être divulguée. Nous reviendrons plus loin sur cette question du secret.
Le pratiquant lambda n’y peut pas grand-chose, à moins de se mettre à chercher au-delà des apparences que nous sert notre monde moderne par souci légitime mais trop réducteur de simplification à l’extrême, ce qui complique tout et ferme bien des portes. Notre monde souffre de cette vulgarisation à outrance et de cette attitude très répandue qui laisse croire que d’un simple coup d’œil, d’une simple lecture, on sait. Les voies d’Orient sont tout autres, qui passent par un réel engagement qui ne s’achèvera que lors de la rencontre avec la grande initiatrice que nous connaîtrons tous. Le Yoga nous y prépare dans la sérénité, la force et le détachement nécessaires.
Enfin, il reste peut être comme cause, ce regard très occidental posé sur le reste du monde comme si celui-ci était inférieur puisque non civilisé, sous-développé, ce qui ne se dit plus puisque après avoir dit en voie de développement on dit maintenant, hypocritement, "émergeant". Le regard que nombre de nos contemporains portent sur le Yoga et ses pratiquants confirme cette hypothèse.
C'est ignorer, hélas, la grandeur du Yoga traditionnel dont la dimension corporelle n'est qu'un aspect : en effet, il est avant tout une pratique mentale, et se trouve lié indissolublement à un support philosophique dont il est impossible de faire l'économie, à moins de risquer de perdre en compréhension et efficacité.
En plus de cette approche superficielle typiquement occidentale et ˝civilisée’, il faut aussi signaler l’étrange rapport au corps lié à note culture, peut-être dans son influence judéo-chrétienne reçue. Le corps est tabou : envisager une voie spirituelle passant par cette matière agitée de pulsions, est une idée refoulée, rejetée, inacceptable puisque ce lieu de l’âme n’est que siège d’impureté, et ce d’autant que non seulement l’ascèse yogique vise à se libérer de la souffrance et que cette dernière n’est pas invitée sur la voie mais elle en est même écartée, puisque sympathie, gaieté, joie, amitié sont des mots présents dans les textes du Yoga ancien qui le fondent. La vision de l’Orient sur ce sujet est très différente de celle occidentale violemment austère, et plus constructive. Rabelais et Montaigne auraient apprécié cette tendance de l’Inde, eux qui prônaient la formation harmonieuse de l'esprit et du corps et associaient le développement de la vie intérieure à la nécessité de renforcer le corps tant ils considéraient la formation physique comme une école d'énergie.
Notre support en ce monde, qui nous permet de le percevoir et d’y agir, est aussi un outil extraordinaire, à condition de ne pas s’en détourner et d’apprendre à le connaître pour mieux l’utiliser. Ne pas vouloir considérer son corps, pourtant pétri par le Créateur, selon notre tradition occidentale, fait courir le risque de se soumette à lui puisque sa Nature s’exprime, qu’on le veuille ou non. Si on dit bien que … chassez le naturel, il revient au galop …, Francis Bacon disait aussi que … on ne commande à la nature qu’en lui obéissant. Il n’est pas question de se laisser aller et de se soumettre à sa nature, ni d’ignorer son corps ou de lutter contre lui. Mais l’utiliser en vue d’une élévation de tous les plans de notre être et donc, spirituel, est le bon choix, le plus judicieux, le plus gratifiant, sûrement pas le plus facile, mais le plus exaltant, le plus juste et le plus sage.
Lutter contre soi est un combat perdu d’avance et une dépense d’énergie phénoménale pour un résultat très inférieur à ce qu’il est possible de réaliser.

Le Yoga bien compris et surtout complet, c’est-à-dire fidèle à la tradition qui l’englobe, celle des Yoga-Sûtra-s, celle de l’esprit humaniste de l’Inde antique en ce qu’elle prévoit des moyens de Libération de chaque être, celle de l’espoir immense qui habite les démarches philosophiques et spirituelles dont le subcontinent est si riche, est une réponse adaptée à notre monde et ses vicissitudes et au besoin fondamental d’élévation que chacun de nous connaît et auquel il a droit sans se sentir enfermé dans un système imposant et répressif. Le Yoga est une voie d’autonomie et est en cela même une voie supérieure à tous les systèmes de soumission qui voudraient faire croire que la voie passe par la négation.
Je ne parle pas ici des différents Yoga-s, que l’on voit naître et faner depuis plus de 20 ans depuis que la mode a décidé aussi de s’emparer de ce domaine ayant pourtant, une dimension sacrée. Ils se sont débarrassés des aspects essentiels pour vulgariser une sorte de vague ˝gym˝ hindoue à la sauce occidentale avec tentures, couleurs safran, musique et encens, usurpant ainsi ce beau nom de Yoga. Ne s’en tenir qu’au travail physique en délaissant les autres de ses composantes expose le pratiquant à passer à côté de l’essentiel du message du Yoga, comme le dit le Hatha-Yoga Pradipika (HYP-TM, 3) :

    
˝Svâtmârâma, compatissant, offre cette petite lumière sur le Hatha à ceux qui errent dans l’obscurité produite
        par la multiplicité des opinions car ils ne connaissent pas le Râja-Yoga.˝

Il y a déjà longtemps que l’essence de l’ascèse indienne a touché l’Occident : Lamartine, Victor Hugo, Schopenhauer, Leconte De Lisle, Alfred De Vigny, La Fontaine, Voltaire, Verlaine, René Daumal, Jean Biès et d’autres encore, ont eu connaissance de la pensée de l’Inde, s’y sont intéressés, s’en sont parfois inspiré plus ou moins ou y ont puisé sources d’inspiration, idéaux de vie ou histoires à transmettre à l’Occident. Lamartine a aimé les épopées hindoues, admiré Arjuna et exalté la Bhagavad Gîtâ dont Burnouf a proposé une première adaptation du sanskrit en français au XIXème siècle. Victor Hugo a repris en alexandrins, un épisode de la mythologie indienne. Le monde a très vite compris que cette pensée de l’Inde est d’une grande richesse : son approche, parfois difficile car elle nous ouvre des aspects insoupçonnés, des horizons totalement nouveaux, des notions qui nous sont complètement étrangères, permet de mieux comprendre ce qu’est le Yoga et surtout, de le rattacher à l’immense culture indienne dont les racines plongent dans les quelques milliers d’années ayant précédé le début de notre ère.
C’est sûrement la raison pour laquelle André Malraux disait :

                "Loin de nous dans le rêve et dans le temps, l'Inde appartient à l'Ancien Orient de notre âme"

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